Jury France Inter…

Demain, dans l’émission “comme on nous parle”, à 9h10, seront annoncés sur France Inter les noms des jurés retenus cette année. Je crois même avoir entendu qu’ils liront à l’antenne quelques lettres… Je me prends à rêver !

Et si… ?

A demain !

La candidature est là : Jury du Prix du Livre France Inter 2013

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Ecrire et lire en braille

Hannah aime bien lire avant de s’endormir, mais c’est généralement impossible car elle partage sa chambre avec son petit frère, et tant que la lumière est allumée, impossible d’accéder à un moment calme.

Qu’à cela ne tienne, pour pouvoir lire quand même, dans le noir, Hannah a décidé d’apprendre le braille !

Nous avons donc acheté une tablette manuelle avec un poinçon pour écrire en Braille.

Pour écrire en braille, il faut poinçonner de droite à gauche, et en miroir, pour que la lecture tactile puisse ensuite se faire dans le sens habituel.

Hannah a bien compris le principe, d’ailleurs j’ai imprimé l’alphabet braille en « normal » et en miroir, pour qu’elle puisse s’entraîner dans les deux sens.

Fière d’elle, elle vient me montrer son premier mot poinçonné. Je vois que les signes ont bien été écrits en miroir, car les reliefs sont corrects, mais elle a écrit de gauche à droite…

Je lui fais la remarque, et Hannah me répond :

“On s’en fout, j’ai écrit mon prénom, et comme c’est un palindrome, ça ne change rien !”

 Réponse à tout…

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Horribles infos…

Avez-vous remarqué à quel point les informations que l’on entend à la radio ou à la télévision sont orientées ? Je ne lis qu’exceptionnellement la presse écrite, je suppose que ce doit être la même chose. On nous ballade…

Il y a quelques temps, on nous a bassinés avec le mariage pour tous. Fort bien, pourquoi pas. Le concept en soi n’est pas un problème, il y a les pour et les contre, qui se sont manifestés, chacun pour leur camp… On nous a offert un sujet de conversation, mais de vous à moi, qui de nous a une réelle influence sur la décision finale ? Personne. On n’a parlé que de ça, sans pouvoir réellement intervenir, et puis un beau jour, la loi a été votée, dans des sphères qui nous sont comme d’habitude inaccessibles.

Et on n’en parle plus !

Le lendemain, de quoi allait-on bien pouvoir parler ? Parce qu’il faut bien que les petites gens soient focalisées sur quelque chose sur quoi elles n’ont pas de pouvoir, il faut nous maintenir dans un état de désinformation, pour ne pas qu’on s’intéresse à ce qui se passe vraiment, les infos intéressantes, il doit bien y en avoir, non ?

Alors, tiens, justement, le lendemain, et quand je dis le lendemain ce n’est pas un effet de langage, c’est réellement le jour qui a suivi, est apparue « l’affaire du cheval ». J’ai entendu à la radio, quelqu’un qualifier cette affaire de « grave crise de santé publique »… De qui se moque-t-on ?

D’accord, quand on achète du bœuf, on est en droit d’attendre que ce soit du bœuf et rien que du bœuf. Mais ce n’est pas comme si on nous avait refilé un dangereux virus ! Personne n’est mort, personne n’est tombé malade ! Est-ce que cette « affaire » méritait réellement tout ce raffut ?

Il y a quelques temps, j’avais pris la peine de noter, juste pour voir, les titres d’un journal télévisé et l’ordre dans lequel ils étaient traités. Bilan :

14 sujets, 5 « horreurs » (faits divers sanglants, massacres, guerre), 8 infos négatives (licenciements de masse, hausse d’impôts, chômage, logements vétustes, etc.).

Une seule info « positive », placée en 12ème position. Il s’agissait d’une exposition artistique ou d’une initiative locale, ou ce genre d’info.

Comment voulez-vous que le moral des masses s’améliore ?

Pour ma part, c’est décidé, j’arrête. Ces infos ne m’apportent rien. Je n’ai pas envie de savoir qu’une maman a égorgé (congelé / violé) ses propres enfants. Ça ne m’intéresse pas. Des sujets de conversation, j’en ai d’autres, et de toute façon ma vie sociale est assez limitée (par choix, les parlottes de machine à café, ça me gonfle). Alors les « vous avez vu les infos ? C’est horriiiiible, hein ??!! », très peu pour moi. Je m’abstiens. Si je ne peux pas intervenir, je ne vois pas l’intérêt.

J’ai vraiment le sentiment qu’on nous donne régulièrement un os à ronger, et pendant qu’on est dessus, les choses importantes, on laisse faire.

Parlez-nous de ce qui vaut la peine d’être entendu !!

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Jury du Prix du Livre France Inter 2013

Cette année, comme chaque année, vient d’être ouvert l’appel aux candidatures pour constituer le jury “populaire” du Prix du Livre de France Inter.

Je postule pour la première fois… Et j’ai envoyé ma petite lettre ce matin ! Je vous la livre ici.

Et vous, auriez-vous retenu ma candidature ? Je serais ravie d’avoir vos commentaires !!

 

J’ai lu, je lis, je lirai.

J’ai trois ans et je viens de comprendre que ces signes que je vois partout ont un sens, une signification. C’est magique, et ça le restera toute ma vie. Je sais lire et écrire mon prénom.

J’ai quatre ans, et je trouve le temps long quand on me dit que j’apprendrai à lire plus tard, quand je serai prête, à l’école. Alors je me débrouille, seule. Je tourne et retourne ces signes dans tous les sens, et avec la complicité de mon père, qui me guide dans cet apprentissage, plus qu’il ne m’enseigne réellement, j’apprends à lire. Je sais lire !

Dès cet instant, je dévore littéralement tout ce qui me tombe sous la main. Les emballages, les panneaux publicitaires, et les livres bien sûr.

J’ai six ans. Je suis censée apprendre à lire à l’école, mais comme c’est quelque chose que je maîtrise déjà, je m’ennuie. Alors, pour combler cet ennui, je lis encore, toujours, toujours plus. Pendant les récréations, je m’isole avec un livre. Mes camarades ne comprennent pas que cela puisse être un plaisir jubilatoire. Pour eux, qui ânonnent encore, la lecture reste un exercice scolaire et ennuyeux.

J’ai dix ans. Mon père me laisse accéder à son imposante collection de romans, dont beaucoup d’ouvrages, en tout cas ceux qu’il me conseille, sont de ceux qui font rêver les enfants : aventure, science-fiction, anticipation… Parfois il m’achète un livre, rien que pour moi, qu’il me donne comme on distribuerait des friandises. Je commence à constituer ma propre bibliothèque, et je découvre le plaisir de la relecture. Deux livres me reviennent à l’esprit : Niourk, de Stephan Wul, et le monde perdu de Conan Doyle. J’ai lu Niourk quatorze fois.

J’ai douze ans. J’ai déjà lu plus de livres que certain n’en liront dans toute une vie. L’envie d’écrire me vient. Je joue avec les mots, j’écris des poèmes. Je ne connais de la poésie que ce que l’on nous apprend à l’école, les recueils de poèmes ne font pas partie de mes lectures habituelles. Qu’à cela ne tienne, papa est là ! Je découvre François Villon, Charles Baudelaire, Arthur Rimbaud et Victor Hugo.

J’ai seize ans et je suis atterrée par le manque d’enthousiasme de mes camarades pour les ouvrages qu’on nous fait étudier en classe. En même temps je suis assez décontenancée par la manière dont nos professeurs nous présentent ces livres… On nous demande d’expliquer, de décortiquer, de justifier quelque chose qui pour moi a toujours relevé du magique, du mystérieux… Bien que me considérant plutôt comme une élève littéraire, mes résultats en cette matière sont loin d’être excellents. Je suis souvent hors sujet. Ma lecture reste toujours épidermique, magique, jubilatoire, et cela ne se ressent que trop dans mes analyses de textes, que mes professeurs attendent cliniques et argumentées.

J’ai dix-neuf ans, et j’arrête mes études. Le monde scolaire n’est pas fait pour moi. Je trouve un travail alimentaire, pour lequel j’ai plus de deux heures de transports en commun chaque jour : j’ai le temps de lire, beaucoup. Je n’emprunte que rarement des livres ; je les achète, ou on me les offre : j’aime les conserver près de moi. Ma bibliothèque s’étoffe de plus en plus.

J’ai trente-trois ans. Je viens de vivre douze ans aux côtés d’un non-lecteur, et je reprends ma liberté. Mon ex-mari n’aimait pas les livres : c’est laid, ça ne sert à rien et ça prend de la place. Pendant douze ans, mes livres sont restés dans des cartons, au fond d’un placard. J’en ai même caché quelques-uns chez mes beaux-parents, pour les sauver, un jour de « crise de place » ou mon ex-mari avait tenté de s’en débarrasser. M’enlever mes livres c’est me couper un bras ! La toute première chose que j’ai faite quand j’ai été enfin libre, c’est d’exposer tous mes livres dans une bibliothèque que j’ai été choisir, religieusement, comme on se prépare pour un rendez-vous galant. Quand je les ai replacés, un a un, là où ils auraient toujours dû rester, ça a duré très longtemps, parce que je m’arrêtais régulièrement pour relire une page, ou deux, ou plus, d’un livre que j’avais aimé.

J’ai quarante ans, et j’ai aimé le Parfum de Süskind, l’Assommoir de Zola et Replay de Ken Grimwood.

J’ai quarante-trois ans, j’aime lire, et ce serait pour moi un honneur si vous vouliez bien considérer ma candidature pour être membre du jury du Prix du Livre de France Inter.

                                                                              Laure R-M 

Note :           

Biculturelle franco-suédoise, je suis parisienne de naissance, mais je vis en Champagne depuis plusieurs années. Je suis mariée, j’ai quatre enfants de deux à vingt ans, et je travaille, depuis chez moi, comme rédactrice pour un annuaire web.

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Edit : Ma candidature a été retenue ! Je fais partie du jury Inter 2013 !

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Hannah, reine d’Egypte

Je suis bien contente de ne pas être née en Egypte, parce que de faire une dictée en hiéroglyphes en les gravant dans la pierre, ça devait être très fatigant.

Hannah, 6 ans et demi.

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