Livre Inter 2014

Il y a un an maintenant que je participais, en tant que jurée, au Prix du Livre Inter. Notre jury 2013 a transmis sa couronne, vive le jury 2014 !

Je n’ai pas encore lu le livre lauréat (« Faillir être flingué » de Céline Minard), mais je le ferai certainement. J’ai entendu des avis opposés sur ce roman, des « j’ai adoré » et des « j’ai détesté ». Suffisamment  pour piquer ma curiosité, en tout cas…

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Les chats, les chatons… et moi (ou lettre ouverte à ceux qui croient détenir la vérité)

20140528_110842Nous avons des chats. J’aime bien les chats. Non que je n’aime pas les chiens, mais ils me font peur. Un incident malheureux dans mon enfance, et voilà. Traumatisée. C’est comme ça.

 

J’aime bien les chats, leurs chatons, les félins en général, mais je suis loin d’être une « mémère chats » qui s’extasie devant la moindre photo de chaton postée sur Facebook. Il m’arrive de me fendre d’un « j’aime » pour une image ou une vidéo de matou, mais seulement quand ils se cassent la gueule. Je n’y peux rien, ça me fait marrer.

 

Nous avons trois chats : Numérobis (parce qu’elle ressemble à sa défunte mère), Walter (parce que mon fils est fan de Breaking Bad) et Am. Am avait pour frères Stram et Gram, qui se sont échoués encore chatons dans notre jardin, alors que leur pauvre mère – inconnue de nous – s’était faite écraser juste devant notre maison. Nous leur avons choisi des prénoms « bidons », pensant qu’ils disparaîtraient aussi rapidement que les huit chats que nous avons perdus en sept années passées dans notre village. Gram a fini comme sa mère, Stram a disparu. Ici, c’est triste à dire, les chats sont « denrée périssable » : les chauffards, les accidents de chasse, que le chat soit la cible des tireurs ou lui-même chasseur choisissant la mauvaise proie, les disparitions inexpliquées…

 

Voilà pour le contexte. Et c’est maintenant que je vais choquer les « chats-maniaques », et je pense particulièrement aux âmes charitables qui m’envoient des mails d’alerte à chaque fois que je passe une annonce pour placer les chatons de nos minettes. Ben oui, elles ne sont pas stérilisées et font chacune deux portées par an. Pourquoi ? Parce qu’elles sont libres de leurs mouvements et de leurs rencontres, et parce que les deux seuls moyens d’éviter les chatons sont la pilule, qui m’a tuée une chatte que j’adorais en lui provoquant un cancer, et la stérilisation chirurgicale, qui m’a aussi coûté une chatte : accident d’anesthésie ou allergie à un produit, elle ne s’est jamais réveillée. Alors tant pis, on se débrouille pour placer les chatons, mais j’ai envie de voir mes chattes vivre quelques années encore.

 

Autre chose : nos chats vivent dehors ! Ce sont des animaux, qu’ils le restent. L’option canapé n’est pas inscrite dans leur ADN. Tant qu’ils ont un espace sec et à l’abri du vent, de l’eau et de la nourriture à leur disposition, tout va bien. Même quand il neige. La seule période ou leur présence est tolérée à l’intérieur est quand les chattes font une portée, qu’elles installent généralement dans un placard de la maison. Du coup, ils font leur poil d’hiver (magnifique, soit dit en passant), ce qui surprend toujours les citadins qui ne connaissent que les chats d’appartement : « Ce sont des chats à poils longs ? ». Non, Monsieur, c’est un chat de gouttière normal qui vit dans des conditions naturelles, et auxquelles son organisme s’adapte. La nature, quoi.

 

Tous câlins qu’ils soient, nos chats sont de redoutables prédateurs. Et c’est tant mieux. Quand nous avons emménagé, nous avions le choix de cohabiter avec les souris ou avec les chats. Nous avons choisi les chats. Il leur arrive aussi parfois de ramener des oiseaux, des chauves-souris, ou même d’adorables petits lapereaux aux yeux tendres. Enfin, je suppose qu’ils ont les yeux tendres, nos chats leur mangent toujours la tête en premier…

 

Encore un détail : l’âge idéal pour adopter un chaton. Selon différents sites internet, et surtout selon « ceux qui savent », et qui s’adressent à moi « qui n’y connais rien » dans les rafales de mails que je reçois à chaque annonce passée, il serait de trois mois, comprenant à la fois le sevrage alimentaire et le sevrage affectif. Pas de problème, je suis parfaitement disposée à l’admettre. Mais une fois encore, tout est question de contexte. Nos chatons sont sevrés du lait de leur mère vers cinq semaines, et leurs mères ont la fâcheuse habitude de les emmener autour de six ou sept semaines, dans un endroit extérieur connu d’elles seules. Nous avons ainsi perdu plusieurs chatons. Sont-ils en vie, errants, ont-ils été trouvés et adoptés ? Je n’en sais rien. Aucune idée. Alors, comme nous sommes quand même un peu responsables, et que nous voulons éviter d’alimenter la région en chats sauvages et errants, nous avons pris la décision de les faire adopter avant de les voir disparaître. C’est un peu jeune, certes, mais nous avons souvent eu des nouvelles de nos chatons placés : tout se passe pour le mieux, ils sont propres, joueurs, équilibrés, en bonne santé… Ça valait le coup de prendre le risque, non ?

 

Pour terminer, un dernier point que « ceux qui savent » abordent dans leurs mails : ils me conseillent de demander une contribution financière pour les chatons, les papiers d’identité des adoptants, de les rencontrer plusieurs fois pour prendre une décision éclairée, et de tenter de repérer les affreux personnages qui utilisent les chatons pour nourrir leur boa domestique.

 

Non. Je ne le ferai pas. Ces chatons ne m’ont occasionnés aucuns frais, ni vaccination ni tatouage, qui ne se fait qu’à trois mois. Autant qu’ils soient suivis dès le départ par le vétérinaire attitré de leur nouveau foyer. Leur nourriture ? Le lait de leur mère ne m’a rien coûté, et les deux boîtes de croquettes pour chatons à 1.52 € qui suffisent pour la portée entière… Non, ce serait mesquin. Pour le reste, je prends le risque. Quand le moment est venu de les placer, il y a toujours urgence, à cause de la mère qui veut les emmener – comme je l’ai dit plus haut – et je n’ai pas le temps (ni l’envie, je dois bien l’avouer) de prendre toutes ces précautions. Quand je vois arriver des parents avec leur petit gamin de quatre ans en extase devant son nouveau chaton, j’ai peine à croire que ledit chaton servira de dîner à un serpent. Mais encore une fois, je prends le risque. C’est ce risque, bien faible me semble-t-il, contre la quasi-certitude que cette mignonne boule de poil deviendra bientôt un gros matou errant.

 

Je n’exige pas de nouvelles par la suite, ce sont des animaux, pas des enfants, mais je suis toujours très heureuse d’en recevoir. Et ça arrive souvent. Une photo avec un « regardez comme il est beau, comme il a grandi » où je retrouve les traits de leur mère. Et ça me fait très plaisir.

 

Et je me dis que j’ai bien fait.

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Mon Prix du Livre Inter

Un jour, j’ai écrit une lettre à quelqu’un que je ne connaissais pas. Un jour, quelqu’un a prononcé mon nom, et je crois que ça m’a changée un peu.

Dimanche 2 juin 2013.  Je suis arrivée un peu en avance, j’ai déposé mes affaires à l’hôtel. J’espérais une baignoire, il n’y a qu’une douche chez nous… Chouette, je vais pouvoir prendre mon bain annuel ! Je vais à pieds jusqu’à la maison de la radio. J’en profite pour humer un peu l’air de Paris, qui pue objectivement, mais qui me rappelle mes jeunes années, et que j’associe malgré tout à quelque chose de très agréable. Juste devant moi, alors que je marche tranquillement sur le trottoir, une dame âgée glisse et tombe. Je l’aide à se relever, lui ramasse son sac, elle me remercie en grimaçant, elle a été secouée, la pauvre. Nous faisons quelques pas ensemble, et elle me raconte sa vie. Comme ça, en trois minutes et cent trente mètres. Elle a travaillé toute sa vie à la banque du sperme. Mon Livre Inter commence donc sur une note surréaliste…

Un peu plus tard, nous sommes réunis dans la salle des délibérations, Eva Bettan, Journaliste à France Inter et responsable du Prix du Livre Inter, nous accueille, nous explique le déroulement… Geneviève Brisac, écrivain elle-même et présidente de notre jury, me semble être douce, posée, timide presque.

Nous faisons un premier tour de table, chacun se présente brièvement, et annonce sa ou ses préférences dans les dix livres que nous avons lus. Pour ma part, « Sombre Dimanche », d’Alice Zeniter, a été mon livre favori jusqu’à ce que je lise, en tout dernier, « Les lisières » d’Olivier Adam. Mon favori présenté sera donc Olivier Adam, mais Alice Zeniter est juste  derrière. J’ai aussi un anti-choix, « Ladivine » de Marie Ndyaye, que je n’ai pas aimé du tout.

Je suis surprise de réaliser à quel point les avis sont divers… Mes choix se sont imposés à moi comme des évidences, tellement évidents même, qu’il m’avait semblé que les délibérations seraient faciles et rapides, avec un gagnant tout désigné.

Il nous faudra finalement cinq tours de scrutin pour arriver à obtenir une majorité. C’est Alice Zeniter qui l’emporte d’une toute petite voix sur Marie Ndiaye. C’est dire si mon cœur a battu !

Dès le premier tour, quand j’ai compris que mon coup de coeur pour Olivier Adam n’avait pas été autant partagé que je l’espérais, j’ai reporté ma voix sur Alice Zeniter. Je l’ai défendu bec et ongles, il était hors de question de laisser la victoire à Marie Ndiaye !

J’ai aussi compris, par ailleurs, que mon ton probablement un peu trop « grande gueule », avait agacé Madame Bettan… Ben je suis comme ça. On ne peut pas plaire à tout le monde ! En tout cas mes efforts ont payé, c’est Alice Zeniter qui a obtenu le prix.

Nous nous retrouvons tous au restaurant, je fais la connaissance de Catherine, qui est celle qui a sélectionné ma lettre et m’a permis de participer à cette aventure. Nous dinons face à face, nous parlons beaucoup, c’est une belle personne.

Alice arrive ! Elle est applaudie, puis happée par la « table des princes ». Je parviendrai toutefois à faire sa connaissance, devant le restaurant, puisque que nous avons synchronisé notre envie de tabac… Alice est brillante, lumineuse, douée, accessible, aimable, jolie… Bon j’arrête. Mais si j’avais été un garçon, je serai peut-être tombé amoureux !

Hervé Pauchon est là aussi… Je connais sa voix pour l’écouter de temps en temps à la radio, je l’imaginais petit et bedonnant. Raté. C’est un grand mince (très grand, même).

Il est tard. Je rentre à pieds à l’hôtel, je prends un bain, je n’arrive pas à dormir. Difficile de faire le calme dans mon esprit encore tout excité de cette journée improbable. Je dormirai – mal – trois heures à peine.

Lundi 3 juin 2013. Huit heures trente. L’émission « Comme on nous parle » va bientôt commencer. Eva Bettan nous place, en fonction du livre que nous avons soutenu. Je me dirige donc naturellement vers le groupe Alice Zeniter, mais elle m’arrête, me renvoie tout derrière : « Non, ce n’était pas votre premier choix ». J’avais quelques doutes, je n’en ai plus. Je l’ai bel et bien agacée. Elle ne souhaite pas me donner la parole pendant l’émission.

L’émission est présentée par Ali Rebeihi, les invités sont donc Eva Bettan, Geneviève Brisac, Alice Zeniter. Quelle n’est pas ma surprise quand ce sympathique présentateur me fait malgré tout passer le micro ! Nous aurons l’occasion de discuter ensemble plus longuement par la suite, Ali est dans ma top-liste des belles rencontres de cette aventure.

Deux heures de quartier libre, après les émissions du matin et avant de se rejoindre tous au restaurant. J’en profite pour appeler mon mari et mes parents, leur donner mes sentiments à chaud, je me promène un peu, je rentre dans une librairie et ressorts avec « Le fils du Vent » de Henning Mankel. Je l’ai commencé, c’est pas mal. Mais je ne suis pas autant happée par l’intrigue que dans certains autres livres que j’ai lu de cet auteur. Ceci dit, je viens vraiment juste de le commencer. On verra bien.

On déjeune, quelques groupes se dessinent déjà, j’ai l’occasion de discuter un peu avec d’autres jurés, on échange nos impressions, nos titres de livres préférés, nos adresses emails… On sent déjà venir la fin, mais je crois que personne n’a envie que ça se termine.

Notre petit groupe de cinq a eu la chance de se voir proposer la visite de la rédaction de France Inter… Magique ! Quelle ruche !

Dernière émission, puis pot d’adieu… Et je retourne à l’hôtel, avec Camille, jurée elle aussi. Nous dinons en tête à tête, parlons de nous, des livres, de nos sentiments par rapport au déroulement de ce Prix, de nos enfants… Pas mal de choses en commun, très belle rencontre là aussi. A suivre !

Mardi 4 juin 2013. Je suis rentrée chez moi, Paris est loin, c’est le silence. Est-ce que j’ai rêvé ? Possible, après tout. C’était tellement dingue.

Et puis non. Un mail, un autre, puis encore un autre, un long coup de fil, encore un mail… On ne va pas se quitter comme ça ! On va rester ensemble, même de loin, on va se suivre, continuer à partager nos lectures, on va écrire ensemble, on va se connaître mieux, c’est l’amour de la lecture qui nous a réunis, mais on a certainement beaucoup d’autres choses à partager !

Alors non, ce n’est pas fini. A bientôt à vous tous et merci. Vingt-quatre fois merci du fond du cœur.

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Un peu de musique

Je viens de retrouver, au fond d’un dossier, des morceaux de piano que j’avais enregistré il y a quelques années. Les morceaux intitulés “Théâtre” avaient servi de bande son pour une pièce de théâtre dont l’action se déroulait dans un piano-bar. Je vous en fait profiter !

I loves you Porgy

Douce Nuit-Laure

Théâtre 1

Théâtre 2

Théâtre 3

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Sélectionnée !

Oui !! J’ai réussi !!

Je suis sélectionnée pour participer au jury du Prix du Livre de France Inter !!!!

Je suis fière !!!

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