Des nouvelles de ma descendance…

Dans la seconde partie de mon coming-out, j’étais sur le point de faire tester notre fille, Hannah, qui donnait en classe des réels signes d’avance. Je reviens donc un peu en arrière, il y a un peu moins d’un an.

Nous avons réalisé qu’Hannah, en grande section de maternelle, savait déjà lire vers Noël. Elle a visiblement appris toute seule, grâce à « l’histoire du soir », et les sous-titres à la télévision. C’est sa maîtresse qui nous avait alertés, elle avait à l’époque évoqué la possibilité qu’elle soit précoce. Nous avons donc fait établir pour Hannah un test de QI, doublé d’un bilan psychologique, auprès d’une psychologue rôdée à ces « enfants atypiques ».

Et oui, Hannah est précoce. Non seulement elle est vive et rapide, ce que nous avions bien remarqué, tout de même, mais elle est aussi dotée de l’hypersensibilité qui caractérise le plus souvent ces enfants-là. Elle est hyperesthésique, nous a expliqué la psychologue : l’hyperesthésie est une exacerbation de l’ensemble de ses sens. Je la cite, en ce qui concerne l’hypersensibilité :

« Cette hypersensibilité est à la fois un atout pour la finesse perceptive de l’environnement qu’elle aborde, mais aussi une source de souffrance et de blessure affective. Hannah, branchée en permanence sur son environnement affectif, sur le monde émotionnel, est constamment bombardée d’informations sensorielles, assaillie de messages affectifs. Nous n’avons pu que constater qu’elle ressent, en qualité et en quantité, une multitude de choses imperceptibles à la plupart d’entre nous.»

Cet extrait reflète très bien ce que nous vivons tous les jours. Je ne peux que la comprendre, les chiens ne font pas des chats, comme on dit, et je me reconnais également tout-à-fait dans cette description. 

Suite à ce diagnostic, a été intégrée directement en CP (au mois de février). Elle s’est très vite adaptée, ses résultats scolaires sont restés brillants. A la rentrée dernière, elle a donc commencé un CE1, selon la préconisation de sa maîtresse de CP, en classe à double niveau CE1-CE2. Elle a toujours d’excellents résultats,  et sa maîtresse de l’an dernier (CP) pensait qu’il était probable qu’elle fasse les deux années en une, ce qui la ferait rentrer directement en CM1 l’année prochaine.

Mais pour le moment, ne mettons pas la charrue avant les bœufs. Nous avons décidé en accord avec l’équipe enseignante, de se caler sur son rythme à elle. Si elle va vite, nous accélérerons sa scolarité, mais nous ne la pousserons surtout pas « sous prétexte qu’elle en est capable ». Tant qu’elle se sent bien, on laisse. Si on sent s’installer des signes d’ennui, on avisera à ce moment-là.

Après que nous ayons découvert la précocité d’Hannah, on nous a conseillé de tester toute la fratrie, puisque la précocité est souvent liée à un facteur familial…

Notre grand garçon de 17 ans est également précoce, THPI même (Très Haut Potentiel Intellectuel, qui se définit par un QI de 145 et plus). Pour lui, malheureusement, c’est plus difficile,  parce que sa scolarité n’est pas exactement ce que nous avions imaginé. Dire qu’il est en échec serait un terme un peu fort, parce qu’il obtient des résultats satisfaisants, mais il est évident qu’il ne se sent pas à sa place dans le système scolaire classique. Cela fait maintenant trois ans qu’il fait du sur-place, ne parvient pas à trouver sa voie. Et comme tout enfant précoce qui se respecte, quand ça ne l’intéresse pas, il ne fait pas. Il va au lycée en touriste, à reculons, et n’attend qu’une seule chose, d’en finir avec cette corvée pour pouvoir enfin avoir le temps de se consacrer pleinement à sa guitare et ses jeux vidéo. Bon. On est là… On attend le déclic.

La très grande : 20 ans. Quand elle était petite, tout comme pour sa petite sœur, on m’avait alertée à l’école maternelle. Elle avait également passé des tests : on ne m’avait pas donné de chiffre de QI, mais un âge mental par rapport à son âge réel. Elle avait un peu plus de quatre ans, et en avait selon le test, deux de plus.  Le psy avait conseillé le saut de classe, les maîtresses ont refusé. Fin de l’histoire. J’étais jeune, pas conseillée ni guidée dans ce domaine, je ne me suis pas battue. Célia a été brillante en primaire, puis a complètement lâché à partir de la 5ème. Tout son collège a été catastrophique, tant sur le plan des résultats que de sa relation au monde scolaire, puis tout s’est brusquement éclairé, en seconde, quand elle a pu intégrer une filière artistique, qu’elle avait elle-même choisie. Très classique, comme parcours, pour un précoce…

Reste Loulou, notre petit dernier, dont je vous avais déjà parlé plus en détails dans un autre article. Il a eu deux ans cet été, et est donc encore bien trop jeune pour passer un test de QI… J’ai quand même consulté notre psy à son sujet, à un moment où j’avais vraiment du mal à le gérer, et connaissant la particularité de ses frères et sœurs, son avis pouvait être intéressant.

Bilan : On ne peut pas encore lui coller un score sur le front (et d’ailleurs est-ce que c’est important ?), mais selon elle il ne fait aucun doute qu’il est lui aussi précoce. C’est d’ailleurs de cette précocité que lui viennent sont extrême curiosité, son besoin permanent de tout tester, et l’hyper-intensité qu’il place dans tout ce qu’il fait. L’avenir nous dira… Il rentre en maternelle en septembre 2013.
 
Voilà donc où nous en sommes… Ouf ! Je ne sais même pas comment j’ai réussi à trouver une demi-heure pour écrire cet article ! A bientôt…

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